" La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature." (Marcel Proust)
"Mais ne lisez pas, comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non, lisez pour vivre." (Gustave Flaubert)

"C'est un des privilèges prodigieux de l'Art que l'horrible, artistement exprimé, devienne beauté et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l'esprit d'une joie calme." (Charles Baudelaire)

vendredi 2 octobre 2015

Vers le Phare, Virginia Woolf

Note : 9/10


Quatrième de couverture : 

Une soirée d'été sur une île au large de l'Écosse. Pôle de convergence des regards et des pensées, Mrs Ramsay exerce sur famille et amis un pouvoir de séduction quasi irrésistible. Un enfant rêve d'aller au Phare. L'expédition aura lieu un beau matin d'été, dix ans plus tard. Entretemps, mort et violence envahissent l'espace du récit. Au bouleversement de la famille Ramsay répond le chaos de la Première Guerre mondiale. La paix revenue, il ne reste plus aux survivants désemparés, désunis, qu'à reconstruire sur les ruines.
Des bonheurs et des déchirements de son enfance, Virginia Woolf a fait la trame d'une œuvre poétique, lumineuse et poignante qui dit encore le long tourment de l'écriture et la brièveté de ses joies : visions fragiles, illuminations fugaces, «allumettes craquées à l'improviste dans le noir.»

(Les références de page renvoient à l'édition Quarto Gallimard)

J’ai lu Mrs Dolloway il y a maintenant plusieurs années et j’en garde à ce jour un excellent souvenir. Mais c’est en lisant le présent roman, Vers le phare, que j’ai l’impression d’avoir vraiment appréhendé et ressenti le génie de Virginia Woolf. Je lis d’habitude assez vite mais pour le livre qui nous intéresse ici, j’ai délibérément ralenti ma vitesse de lecture, voire relu quelques passages une seconde fois, non que l’écriture de Virginia Woolf m’ait égarée (quoique je pense que certains lecteurs puissent se perdre dans les méandres des longues phrases de l’écrivaine), mais simplement pour en apprécier davantage la beauté. C’est un truisme presque de dire que Virginia Woolf a une écriture divine, et Vers le phare incarne à mon sens tout son génie à appréhender la vie dans toute sa complexité. 
L’intrigue de Vers le phare est minimaliste : les deux premiers tiers du roman, les meilleures parties selon moi, se déroulent dans la même journée, d’abord à une fenêtre par laquelle Mrs Ramsay, installée dans un fauteuil avec son fils cadet James sur ses genoux, regarde vers l’extérieur depuis la résidence d’été familiale tout en lui contant une histoire, puis lors d’un dîner qu’elle organise et auquel sont conviés toute la famille ainsi que les hôtes qui séjournent dans leur demeure. Quant au dernier tiers, il se déroule dix ans après les événements, faisant suite à un bref intermède relatant l’état d’abandon de la résidence et évoquant très brièvement les drames qui ont émaillé la famille Ramsay. Il ne se passe pour ainsi dire rien dans ce roman, et c’est le tour de force de Virginia Woolf de faire à partir de ce postulat un roman en tous points remarquable, un peu à l’image de James Joyce dans Ulysse dont l’action se déroule entièrement en l’espace d’une journée « ordinaire » à Dublin. L’action, la multiplication des péripéties n’est heureusement pas un critère qui distingue un grand roman d’un roman médiocre, comme le dit Schopenhauer :

« La tâche du romancier n'est pas de raconter des grands événements, mais de rendre intéressants des petits. En conséquence, un roman sera d'un ordre d'autant plus élevé et plus noble qu'il dépeint davantage la vie intérieure que la vie extérieure. C'est là le signe caractéristique de toutes les gradations du roman, depuis Tristram Shandy jusqu'à l'histoire la plus grossière et la plus riche en hauts faits d'un chevalier ou d'un brigand. Tristram Shandy, à la vérité, n'a pour ainsi dire pas d'action ; mais combien celle de la Nouvelle Héloïse et de Wilhelm Meister est restreinte ! Don Quichotte lui-même en a relativement peu, et cette action, très insignifiante, tend à la plaisanterie : or, ces quatre romans sont la couronne du genre. Si l'on considère maintenant les merveilleux romans de Jean-Paul, on voit combien de vie intérieure se déroule sur la base de vie extérieure la plus étroite. Même les romans de Walter Scott ont un excédent considérable de vie intérieure sur la vie extérieure, et en vérité la dernière n'apparaît jamais qu'en vue d'amener la première ; tandis que dans les mauvais romans, au contraire, elle existe pour elle-même. L'art consiste à mettre dans le plus fort relief de la vie intérieure au moyen du plus petit déploiement possible de vie extérieure : car la vie intérieure est proprement l'objet de notre intérêt. »

Vers le phare est un livre extraordinaire car ce qui importe à Virginia Woolf, c’est de nous restituer le maelström évanescent des pensées, la vie intérieure, de ses personnages, parmi lesquels elle navigue avec une fluidité à couper le souffle. Par cet emploi extensif du stream of consciousness, elle nous fait ressentir au plus près les pulsations de la vie, dépliée et restituée sous forme romanesque devant nos yeux émerveillés. La vie est surtout perception, conscience individuelle et intérieure, et on en ressent l’extrême complexité, l’extrême richesse, l’extrême versatilité, et dans le même temps, sa dérision, son incapacité chronique à capter tous les aspects de la réalité, qui par nature nous échappe du seul fait de notre perception individuelle dont l’horizon étriqué nous empêchera toujours d’embrasser d’une vue large et complète le monde qui nous entoure, et in fine de le comprendre.
Au premier abord, certains personnages semblent définitivement caractérisés, figés, mais Virginia Woolf parvient à nous faire ressentir que même ces personnages qui paraissent simples sont bien plus complexes qu’ils ne le sont. Charles Tansley par exemple, a un trait de caractère saillant et remarqué de tous : c’est un pédant, qui cherche sans cesse à se mettre en valeur, et qui nourrit des ambitions sociales élevées alors qu’il prépare une thèse universitaire en vue de décrocher un poste de professeur assistant universitaire. Rien ne l’intéresse davantage que de parler de lui, de tout rapporter à lui, un égotisme qu’il partage avec Mr Ramsay. « Il se sentait très fruste, très isolé et très seul. Il savait qu’elle essayait de le tourmenter, Dieu sait pourquoi ; elle n’avait pas envie d’aller au Phare avec lui ; elle le méprisait : comme Prue Ramsay ; comme tous les autres. Mais il n’allait pas se laisser ridiculiser par des femmes, aussi se tourna-t-il posément sur sa chaise, regarda par la fenêtre et dit, tout à trac, très grossièrement, que la mer serait trop mauvaise pour elle demain. Elle serait malade. […] Si seulement il pouvait être seul dans sa chambre à travailler, songea-t-il, parmi ses livres. […] Malgré tout, si seulement il avait su répondre correctement à Miss Briscoe ; si seulement ce n’était pas sorti tout à trac comme ça. « Vous seriez malade. » Si seulement il pouvait trouver quelque chose à dire à Mrs Ramsay, quelque chose qui lui montrerait qu’il n’était pas qu’un sale petit cuistre. C’est comme ça qu’ils le voyaient tous ». (p.296)
De même, Mr Ramsay est d’abord exposé sous son plus mauvais jour, dans son besoin perpétuel de reconnaissance, de consolation dans son angoisse de ne pas avoir créé une œuvre remarquable qui passera l’épreuve du temps, ses doutes envers lui-même qui le font devenir tyrannique envers sa famille, et en premier lieu sa femme, un trait de caractère qui le rapproche de Casaubon dans Middlemarch. « Il se détourna du spectacle de l’ignorance humaine et de la destinée humaine et de la mer qui ronge peu à peu le sol sous nos pieds, qui, s’il avait pu le contempler fixement, aurait peut-être mené à quelque chose ; et trouva une consolation dans des bagatelles si insignifiantes en regard du thème sublime qui l’accaparait un instant plus tôt qu’il fut tenté de négliger ce réconfort, de le désavouer, comme si le fait d’être surpris à se sentir dans un monde de souffrance constituait pour un honnête homme le plus honteux des crimes. C’était vrai ; dans l’ensemble il était heureux ; il avait sa femme ; il avait ses enfants […]. Mais tout cela et le plaisir qu’il prenait à trouver des formules bien frappées, à l’ardeur de la jeunesse, à la beauté de sa femme, aux témoignages d’admiration qui lui parvenaient de […] ; il fallait tout désavouer, tout dissimuler […] C’était une feinte ; le subterfuge d’un homme qui n’osait pas avouer ses sentiments, qui ne pouvait pas dire : Voilà ce que je suis ; assez pitoyable et déplaisant aux yeux de William Bankes et Lily Brescoe, qui se demandaient pourquoi tant de dissimulation était nécessaire ; pourquoi il avait toujours besoin d’éloges ; pourquoi un homme aussi courageux en pensée se montrait aussi timoré dans la vie ; et comment pouvait-on être aussi vénérable et aussi grotesque à la fois ? Être un maître, un guide spirituel, exige sans doute, se dit Lily, des qualités surhumaines (Elle était en train de ranger son matériel.) Plus on s’élève, plus dure doit être la chute, d’une manière ou d’une autre. Mrs Ramsay lui donnait trop facilement ce qu’il demandait. Et puis le changement a de quoi perturber, dit Lily. Il quitte ses livres pour nous trouver tous en train de jouer et de raconter des fariboles. Imaginez un peu le changement par rapport aux choses qui occupent son esprit, dit-elle. » (p.264-5)

La scène du dîner est le point culminant du roman, et pourtant rien ne se passe à proprement parler : c’est un dîner des plus ordinaires, presque tous s’y ennuient fermement, et les conversations sont rares et des plus banales, portant pour la plupart sur des échanges de lieux communs et d’amabilités. La peintre Lily Brascoe associe avec obsession une salière à un arbre qu’elle se promet d’ajouter à sa peinture, et pour venir en aide à Mrs Ramsay qui s’efforce de rendre le dîner agréable, elle va même jusqu’à encourager et supporter les bavardages insipides de Tansley. William Bankes, l’ami des époux Ramsay, fait de son mieux pour ne pas montrer son ennui manifeste. « Ma foi, songea William Bankes, conservant une attitude d’une exquise courtoisie et se bornant à écarter les doigts de sa main gauche sur la nappe comme un mécanicien pendant une pause examine un outil parfaitement bien astiqué et prêt à l’emploi, tels sont les sacrifices qu’exigent les amis. Cela l’aurait blessée qu’il refuse de venir. Mais pour lui cela n’en valait pas la peine. Regardant sa main, il songea que s’il avait été seul il aurait déjà presque fini de dîner ; il aurait été libre de se mettre au travail. Oui, songea-t-il, c’est une perte de temps épouvantable. […] Que tout cela est donc dérisoire, que tout cela est fastidieux, pensa-t-il, à côté du reste – le travail. Il était assis là à pianoter sur la nappe. […] Je suis censé être à sa dévotion. Pourtant là, en ce moment, sa présence ne signifiait absolument rien pour lui ; sa beauté ne signifiait rien ; de l’avoir vue assise devant la fenêtre avec son petit garçon – rien, vraiment rien. Il avait envie d’être seul et de continuer à lire cet excellent livre. Il se sentait mal à l’aise ; il se sentait déloyal, à l’idée de pouvoir être assis près d’elle sans rien éprouver à son égard. La vérité, c’est qu’il n’appréciait pas la vie de famille. C’est dans ce genre de situation que l’on se demandait : Pour quoi vit-on ? A quoi bon, demandait-on, se donner tant de mal pour perpétuer la race humaine ? Est-ce tellement souhaitable ? Sommes-nous si séduisants en tant qu’espèce ?» (p.297-8)

Tout l’art de Virginia Woolf est de nous faire ressentir cette pulsation de vie, mouvante, insaisissable, qui siège principalement dans notre conscience intérieure et la représentation que nous nous faisons du monde. Nos réactions, nos pensées, nos associations d’idées, les brusques souvenirs qui remontent à la surface, les prises de conscience fortuites etc. constituent le cœur de ce roman admirable. On sent il est vrai l’influence de Marcel Proust dans l’allongement des phrases qui semblent parfois s’étirer très longtemps, mais cela ne gâche en rien notre plaisir de lecture, bien au contraire : cette tournure donne à sa plume une beauté qui nous procure un plaisir de lecture grandiose. Je vous laisse sur ces passages où le génie de Virginia Woolf s’exprime :

« si bien que le déferlement monotone des vagues sur la grève qui, dans l’ensemble, ponctuait ses pensées d’une cadence apaisante et semblait répéter à n’en plus finir, en guise de consolation, quand elle était assise avec les enfants, les paroles de quelque antique berceuse murmurée par la nature : « Je veille sur vous – je suis votre soutien, mais qui à d’autres moments, de façon soudaine et inopinée, surtout quand son esprit s’évadait tant soit peu de l’activité du moment, ne revêtait pas une signification aussi bienveillante mais, tel un roulement de tambour fantomatique, battait implacablement la mesure de la vie, faisait songer à la destruction de l’île, à son engloutissement dans la mer, et l’avertissait, elle dont la journée avait passé si vite en une suite de petite tâches insignifiantes, que tout était aussi éphémère qu’un arc-en-ciel – ce bruit, donc, masqué jusqu’alors et couvert par les autres bruits, tonna soudain caverneux à ses oreilles et lui fit lever les yeux dans un sursaut de terreur. » (p.242-3)

« Que pouvait-on donc faire de tout ça ? Comment porter un jugement sur les gens, ou même penser à eux ? Comment additionner ceci, cela, pour en conclure qu’on les trouvait sympathiques ou antipathiques ? Et d’ailleurs quelle signification s’attachait à ses mots ? Toujours immobile, comme clouée sur place, près du poirier, elle subissait l’avalanche des impressions laissées par ces deux hommes, et suivre sa pensée était comme suivre une voix qui parle trop vite pour qu’on puisse consigner par écrit ce qu’elle dit, et cette voix était la sienne, qui disait spontanément des choses indéniables, éternelles, contradictoires… » (p.249)

« Curieusement, dans l’ensemble, il fallait bien reconnaître que cette chose qu’elle appelait la vie lui paraissait terrible, hostile, et prête à vous sauter à la gorge à la moindre occasion. Il y avait les problèmes éternels : la souffrance ; la mort ; les pauvres. Et pourtant elle avait dit à ses enfants : Il faut faire face. […] c’est pourquoi, sachant ce qui les attendait – l’amour, l’ambition et l’angoisse de la solitude dans des lieux sinistres – elle se faisait souvent cette réflexion : Pourquoi faut-il qu’ils grandissent et perdent tout cela ? Et aussitôt, elle se disait, brandissant son épée face à la vie : sottises que tout cela. Ils seront parfaitement heureux. » (p.276)

« La grande révélation n’était jamais arrivée. En fait, la grande révélation n’arrivait peut-être jamais. C’était plutôt de petits miracles quotidiens, des illuminations, allumettes craquées à l’improviste dans le noir ; en voici une. Tout cet ensemble ; elle-même, Charles Tansley et la vague déferlante ; Mrs Ramsay les rassemblant ; Mrs Ramsay disant : « Qu’ici la vie s’arrête » ; Mrs Ramsay faisant de cet instant quelque chose de permanent (tout comme Lily s’efforçait de le faire, dans un autre domaine) – cela tenait de la révélation. Une forme existait au milieu du chaos ; cette fuite incessante, cet écoulement perpétuel (elle regarda passer les nuages et s’agiter les feuilles), se stabilisait soudain. » (p.351)

4 commentaires:

  1. Dans les dernières années (peut-être même à vie) c'est mon préféré avec Les Vagues de cette même Woolf, de même que Feu Pâle et Ada de Nabokov. Je ne cesse de penser à ces quatre romans, je ne cesse de les relire. Ce sont deux écrivains touchés par la grâce, il n'y a pas de doutes pour moi.

    Tu écris : "Il ne se passe pour ainsi dire rien dans ce roman..." et t'as raison mais il s'en passe beaucoup plus que dans Les Vagues. Je lis ces romans dans plusieurs traductions différentes, et je continue de préférer, un peu, Les Vagues. Tu as trouvé celui-ci merveilleusement écrit mais c'est encore mieux avec Les Vagues. Par contre, Vers le phare fait l'unanimité parmi les critiques, et en fait, j'ai rarement vu un roman qui est autant aimé. Existe-t-il un seul vrai lecteur qui déteste Vers le phare ?

    Pour Marcel Proust elle ne semblait pas s'en cacher de son influence mais je crois que contrairement à lui elle ne s'est pas fait piéger par son talent. (Beckett disait, et je suis d'accord avec lui, que Proust s'était fait piéger par son talent) Je n'ai pas relu Proust depuis plusieurs années alors que Woolf je suis capable de la relire régulièrement. Je trouve Proust répétitif un peu alors que Woolf me surprend à chaque roman.

    Très bonne chronique soit dit en passant.

    Ce roman est éternel, et je crois que je m'en fatiguerai jamais.

    A+

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  2. J'ai lu il n'y a pas longtemps Feu Pâle et je l'ai trouvé très bon, sans toutefois le trouver aussi bon que toi, qui le considères comme ton roman préféré. Mais c'est peut-être parce que tu avais placé la barre si haut et mes attentes si grandes que j'ai été quelque peu "déçu" par ce livre. Mais je le relirai certainement un jour car j'ai senti que je l'ai peut-être lu un peu trop vite et j'ai l'impression que beaucoup de choses m'ont échappé (ce que la complexité du roman n'aide sûrement pas...). Je lui préfère Ada à ce jour, et si je devais refaire mon top de l'année passée, c'est Ada qui serait mon numéro n°1, tant j'y repense avec bonheur sans toutefois l'avoir relu. Je relis trop peu et c'est un reproche que je me fais souvent, d'ailleurs je n'ai relu qu'un livre cette année (Middlemarch), ce qui est bien trop peu... Mais d'un autre côté j'ai une telle montagne de livres à "lire" que j'ai peu de temps pour la relecture...

    Je vais suivre ton conseil et enchaîner sur Les Vagues concernant le Quarto Woolf (j'avoue qu'Orlando par son intrigue me fait peu envie mais peut-être as-tu aimé...). Si c'est encore meilleur/équivalent à Vers le Phare je vais sûrement adorer.

    Amusant ce que tu dis sur Proust car j'avoue avoir peu envie de le relire pour l'instant. Il est vrai que certains passages m'ont fortement marqué mais ils sont quelque peu dilués dans des longueurs qui me rebutent quelque peu pour me donner réellement envie de le relire. Et la longueur du roman n'aide sûrement pas, j'avais mis un peu plus d'un mois à le lire en faisant une pause pour lire Middlemarch il y a un an...

    Merci pour tes suggestions et remarques et à bientôt...

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  3. Je peux comprendre ta légère déception pour Feu Pâle, parce que la littérature comme d'autres choses est souvent en lien avec les attentes qu'on a. Aussi, c'est peut-être le genre romanesque de Feu Pâle qui me le fait apprécier autant, selon moi c'est du postmodernisme sans les défauts de cette période. Comme je le disais l'autre jour sur le blogue de Booking, cet article est excellent pour mieux le comprendre, ou à tout le moins de donner envie de le relire : http://www.slate.fr/story/26581/feu-pale-nabokov-polemique

    Pour les relectures, eh bien je dois dire que j'ai la chance de pouvoir consacrer ma vie à la lecture même si j'ai "juste" 35 ans, parce que sinon je n'aurais pas du tout le temps de relire des romans, surtout les très longs comme Ada. ;)) Je ne suis quand même pas comme Harold Bloom qui lis 1000 pages à l'heure. :-)

    Pour Les vagues, je te conseille de n'avoir pas trop d'attentes parce que généralement Vers le phare est davantage apprécié, parce que Les Vagues, de l'aveu même de Woolf est davantage un long poème, un poème-jeu, qu'un roman
    en tant que tel. Il faut vraiment apprécier ce genre pour aimer Les Vagues.

    à bientôt

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  4. Merci pour l'article très intéressant sur Nabokov, je l'avais déjà lu (sur le blog de Booking) mais je l'ai mieux compris en le relisant à l'instant. Comme tu l'as dit, c'est sûrement un livre meilleur en le relisant plusieurs fois, ne serait-ce que par la possibilité de lire le poème à part et le mettre en perspective avec le "roman" (dans notre souvenir) avant de relire ce dernier...

    Sur le temps qui me manque pour les relectures, c'est aussi et surtout parce que ce n'est que récemment que je lis "sérieusement" (j'entends par là lire au moins une dizaine de romans par mois), un peu plus de deux ans en fait, et donc j'ai beaucoup de livres et auteurs à découvrir et que j'estime "essentiels" de lire pour combler toutes les lacunes de ma "culture littéraire".

    Et merci aussi pour cette précision sur Les Vagues, cela me permettra de "calibrer" en quelque sorte mon humeur pour le découvrir dans les meilleures conditions possibles, en le lisant comme je lirais de la poésie...

    A+

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